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NEWS


grigri blue

  grigri blue, blues, autres rives produxions, blues franco-ligérien

/// Extraits de Radios ////////////////////////////////////////////////

> Radio JET FM (Nantes - 18/02/2011)
> Radio ALTERNANTES (Nantes - Février 2011)
> Radio CANUT (Lyon - 05/11/2008)




      PRESSE " COEUR CROONER"    
     

Bruits de clés, grincements de portes de démarrage de bagnoles : Grigri a le Blues. Le chanteur à la voix de forgeron écorchée par les braises de sa vie aurait pu intituler son disque : sac de survie et y mettre ses envies de départ et ses besoins de revenir, la vie qui court et les bonheurs à côté desquels on passe. Des textes très bien mis en valeur grâce à une musique toute en constance et délicatesse donnent à cette œuvre une atmosphère blues, sincère et partageuse, amère et prometteuse. Daniel Givone (à la guitare), dans toute sa discrétion, habille les chansons de dentelle, pendant que les violoncelles donnent profondeur et gravité allant jusqu’à prendre la forme ronde dans un « Luna » slammé par un Grigri Blue baigné de poésie. Une poésie à la frange du conteur d’histoires…de routards. Allez monte dans la bagnole.

     
      Gilles Lebreton - TOHU BOHU - NOVEMBRE 2011    
     

Le lascar nous avait foutu une sacrée claque avec son précédant opus, ‘Loup pour l’autre’, un album qui avait été l’un des grands coups de cœur de la rédaction de Paris-Move. Dire que l’on attendait ce loup solitaire au tournant était peu dire, ce ‘loner’ franco-ligérien échappant à toute prévision marketing formatée.
Un ‘loner’ qui, en bon chef de meute, a emmené avec lui dans les routes de traverse comme sur les chemins les plus escarpés des concerts ses compères que sont Daniel Givone à la guitare, Solène Comsa au violoncelle et à la scie musicale ainsi que Gwendoline Démont au violoncelle et aux verres. Car l’univers de Grigri Blue est comme celui de Tom Waits, traversé, envahi sur les bords par des objets du quotidien. Chez Tom il y a des chaises et des verres, chez Grigri Blue ce sont des verres qui flirtent avec une scie.
Rejoint par Alban Nicot aux crotals pour ce nouvel opus, Grigri Blue nous offre également un joli modèle de parité hommes-femmes dans ses musiciens. Une parité qui pourrait, devrait, être prise en exemple par nos responsables politiques et dirigeants d’entreprises, car c’est cela aussi, la patte Grigri Blue: l’exemple que l’on donne puisque d’autres ne cessent d’en parler mais sans jamais l’appliquer.
Côté musique, le chef de meute joue dans un registre blues-folk qui lui est propre, avec ce côté roots qui flirte sans retenue avec la modernité. Cela vous donne huit titres où les cordes des violoncelles se mêlent aux cordes des guitares dans une étreinte des plus sensuelles, où les six compos croisent deux poèmes puisés dans Apollinaire et Albertine Sarrazin, où les bruits d’une réalité crue ouvrent les portes de chansons à la tendresse à fleur de peau. Avec toujours ce souci de glisser dans les textes de quoi s’indigner.
Vous aurez des frissons en écoutant ‘Luna’, un sourire de travers sur ‘Bougeotte Blues’ et les poils sur ‘Putain’, titre qui clôture ce superbe opus pour lequel nous avons eu, comme pour le précédant, un grand coup de cœur. Car l’album nous a tous touché au cœur, et profond, profond.
Putain d’album…!

     
      Frankie Bluesy Pfeiffer - PARIS MOVE - JUILLET 2011    
     

Voici Cœur Crooner, un huit titres qui décoiffe vraiment côté écriture. Fruit d’Olivier Leray, un guitariste chanteur Franco-ligérien qui répond au surnom de Grigri Blue, ce disque, est en réalité le troisième jet de cet auteur compositeur, qui ne fait pas dans la langue de bois. Evoquant les joies et les peines du lambda, Olivier ne mâche pas ses mots. Il assène de sa voix caverneuse quelques bonnes pelletées d’évidence, qu’il enrobe de douces mélodies aux accents symphoniques et roots.
On clopine ici allégrement, entre folk, blues et bonne chanson française. Vous verrez l’harmonie est de velours, ce qui tranche avec les paroles de ses œuvres. Justement ce décalage, entre l’écriture et la musique est sciemment mis en scène, et, il fait toute la force de la rondelle discographique.
Après dix ans d’activité scénique dans le Blues, le ménestrel s’est lancé s’est lancé à la fin des années deux mille dans la chanson française à connotation bluesy et vraiment le résultat ne manque pas de caractère !
Bien sûr à l’écoute de ses chansons, on comprend bien qu’il ne passera pas à la Star Académie demain ! Excellent instrumentiste, Olivier s’accompagne ici d’une guitare, et d’un harmonica, rehaussé par deux violoncelles aux violoncelles et à la scie musicale. Son honnête répertoire où il pose sa voix éraillée comme Tom Waits, ne doit pas être du goût de tout le monde !
Plein de poésie, son regard est tout de même d’un réalisme effarant. Calmement et en douceur, il nous renvoi à notre miroir, comme on pu le faire Léo Ferré, Jean Ferrat, Mama Béa, Hubert Félix Thiéfaine, ou Bill Deraime avant lui.
Grigri Blue revendique ses idées et ses engagements avec vigueur. Son country Blues du Delta de la Loire décliné en langage de Molière sort des sentiers battus. Rien que pour « Luna » et « Putain » qui ferme l’irrévérencieuse galette, l’obole est indispensable.
Si vous voyez ce trouvère programmé pr-ès de chez vous, n’hésitez pas, vous vous ferez du bien à l’âme.

     
      Joël Bizon - BCR LE REVUE N°25 - JUIN 2011    
     

En 2007, le nantais Grigri Blue avait sorti un premier album de quinze titres, chargé de blues à mitraille, mais tirant déjà sur une chanson avec tripes. La suite confirme l'évolution.
Ca s'appelle Coeur Crooner et c'est annoncé comme le premier volet d'une trilogie du même ordre. Le Blues sous-tend toujours la démarche de Grigri Blue, mais son frère le folk est également de la fête, avec l'apport de cordes (violoncelles) qui aèrent superbement l'espace sonore. La voix du chanteur, habitée de brisures sans excès et d'une sincérité craquante, est un atout majeur pour la défense de mélodies accrocheuses et de textes personnels, à l'exception de deux, dont on aimerait savoir s'ils sont d'Albertine Sarrazin, d'Appolinaire ou de Garcia Lorca, des auteurs annoncés dans le projet global de la trilogie. A part ça, voilà un très beau disque, riche d'humanité, à coeur ouvert. A voir vivre en scène, sûrement.

     
      Jean Théfaine - Signe des Temps - PLACE PUBLIQUE - MAI/JUIN 2011    
     

On le connait sous le nom de scène de Grigri Blue mais l’état civil a enregistré le nom d’Olivier Leray en face de la date de naissance de cet artiste franco-ligérien qui traîne sa voix chaude et délicatement éraillée mais aussi ses guitares sur toutes les scènes depuis une douzaine d’années. Là où le musicien aurait pu se faire poor lonesome bluesman, c’est en trio ou en quartet qu’il se produit actuellement à la scène, emmenant sur les routes ses complices Daniel Givona à la guitare, Solène Comsa au violoncelle et à la scie musicale et Gwendoline Démont au violoncelle et offrant à son public un habile mélange de cordes et de chansons blues interprétées dans la langue de Bill Deraime pour que la sauce prenne encore plus facilement. Rejoint par Alban Nicot aux crotales pour ce nouvel effort, Grigri Blue nous présente le premier volet de son « Cœur Crooner », un ouvrage où poésie, blues et chanson se rejoignent à la table de la qualité …
Il sait mieux que personne faire sonner son côté folk et le laisser rattraper par son côté roots, les deux se fondant plutôt ingénieusement en une musique qui rappelle parfois Ferré, ne serait ce que par le grain su typé de la voix … Six compositions personnelles de l’artiste, des poèmes empruntés à Apollinaire ou encore à Albertine Sarrazin, les cordes symphoniques qui se fondent aux cordes des guitares, le tout sous le poids original de la scie musicale mais aussi des percussions très délicates, on navigue un peu comme sur la Loire et pourtant le fond musical de l’œuvre n’est jamais plat, s’arrangeant toujours pour éviter un écueil, une branche ou un simple banc de sable d’un léger mouvement de coté et nous emmenant au gré de superbes pièces comme « Bougeotte Blues », « La vie passe », « Au palais d’injustice » ou « Hard Times » vers un ouvrage très fortement empreint de poésie française, l’exception qui confirme la règle étant sans doute cet épatant « It’s Hard To Find A Good Friend » dont la première minute semble tout droit venue de l’enregistrement original du « Kind Hearted Woman » de Robert Johnson avant que l’on n’en revienne à la langue française pour la suite du morceau … Convaincu que c’est en jouant son propre blues qu’il réussira à sortir du lot, Grigri Blue avance encore et toujours en dehors des chemins bien balisés des douze mesures et c’est un « Cœur Crooner » certes un peu atypique mais tellement attachant qu’il nous présente que l’on ne peut dès lors que l’apprécier.

     
      Fred Delforge - ZICAZIC.COM - Avril 2011    
     

Bizarrement, alors que la communauté blues française s'emballe volontiers pour ses compatriotes borderline qui n'ont souvent du blues que de vagues influences – ce qui n'est pas nécessairement un défaut en soi, la musique n'a pas attendu cette forme d'expression originellement afro-américaine pour exister – Grigri Blue, lui, semble échapper à son attention pourtant volontiers éclectique.
Peut-être parce que le Franco-Ligérois ne fait pas dans la tonitruance ? C'est vrai que ses guitares sont volontiers acoustiques, que ses complices jouent d'instruments insolites tels que violoncelles, verres, et scie musicale. Parce que, oui, Grigri Blue, s'il faut absolument le coller dans une catégorie – ça va lui plaire, ça, tiens ! – alors il faudra plutôt le chercher du côté des poètes. En effet, tant dans ses textes que par sa musique, c'est bien de poésie qu'il s'agit ici. Oh, pas celle d'un Trenet, non, notre Grigri Blue, lui, on le rencontre plutôt au carrefour du Vaudou tendance bretonnant, pour les ambiances, et de la pensée libertaire, pour la conviction.
Alors c'est vrai, du blues formel, il y en a beaucoup moins ici que dans ses précédents CD. Juste un clin d'oeil en passant, en fait, comme pour dire que oui, il aime toujours ça, mais excusez-le, hein, il a aussi sa propre musique à faire, désolé. Aussi est-on plus souvent dans la ballade, volontiers introspective, parfois un peu hispanisante – si si, en tendant bien l'oreille, vous verrez... non, vous entendrez, plutôt – mais une chose est sûre : avec sa grosse voix grave et voilée, ses rimes parfois subtiles, parfois plus périlleuses, l'homme est un traditionaliste d'aujourd'hui, un conteur des temps modernes, comme ceux qu'on venait écouter le soir au coin du feu, dans les villages, et qui vous retournaient l'âme comme une chaussette par le seul pouvoir de leurs mots.
Sauf que lui, aujourd'hui, on peut l'écouter sur sa chaîne, son iPod, son ordi... En concert, aussi, si on a la chance de croiser sa route, comme ce fut le cas pour votre serviteur il y a déjà  longtemps.
Mais foin de nostalgie, Grigri Blue, lui, poursuit son bonhomme de chemin, loin des spotlights peut-être, pas vraiment taillé pour les pages people, pas du genre à chercher la notoriété dans les émissions de télé réalité non plus.
Non, lui, s'il doit un jour se retrouver sur un poster bien en évidence sur le mur d'un appartement bobo, alors ce sera assis entre Brel et Brassens, en train de répondre à Ferré.
En attendant ce jour, prêtez-lui donc l'oreille, l'homme a des choses à dire et sa petite musique est loin d'être désagréable.

     
      René Malines - VIRUS DE BLUES N°3 (saison II) - Avril 2011    
     

I first heard and met Olivier aka Grigri Blue in a mini festival in Pornic, Brittany 7 years ago.
Strangely enough, while the French blues crowds easily fall for the likes of Tom Waits, they don't feel the same with the poetic music and lyrics of Grigri Blue.
A big blues fan himself, he always pays tribute to the masters on every of his CDs and shows, but he mainly plays his own originals which are sometimes blues, but more often than not ballads with different folk influences including Spanish ones.
Me, I like Grigri Blue a lot : his lyrics are often dark but always meaningful, his acoustic guitar is often accompanied by all sorts of instruments including a saw in this new CD, cellos, crystal glasses, and what not, but always very musical.
I'm not big on poetry, but Grigri Blue's one works well for me. :D

     
      René Malines - BLINDMAN'S FORUM BLUES - Avril 2011    
             
      PRESSE " LOUP POUR L'AUTRE "    
     

Comme dans la personnalité de celui qui le porte, il y a dans le nom de Grigri Blue une part de mystère ; celui qui charrie notamment le Blues, dont notre Hobo des bords de Loire a fait son miel. Voilà huit ans que ce chanteur à la voix cramée de « fuel injector » - comme disait Ry Cooder à propos de celle de son compatriote américain John Hiatt – écume les cabarets, les salles spécialisées (l’Olympic et le Pannonica, à Nantes notamment), des festivals (comme celui de Vannes ou Les Rendez-vous de l’Erdre). En 2002, il avait sorti en autoproduction un cinq titres,  Ligérie, dont le titre à lui seul dit l’attachement que porte Grigri Blue, à sa terre natale, irriguée par son Mississipi à lui. Son deuxième opus, Loup pour l’Autre, n’est pas vraiment une nouveauté puisqu’il a vu le jour fin 2006. Mais ce serait dommage de ne pas le commenter avant que ne déboule un troisième album, encore plus abouti. Déjà, il y a de quoi espérer très fort sur ce second CD, presque trop généreux : 15 titres et 73’36 d’écoute. Il y avait probablement mieux à faire que la photo de pochette sur laquelle Grigri Blue est littéralement bouffé par des tags anguleux. Mais bon, c’est secondaire par rapport à un contenu à haute tension, qui raconte les humaines faiblesses, les injustices dont sont victimes les opprimés, l’arrogance des nantis, la solitude. « On voudrait rattraper / ceux qui marchent devant  / plutôt que de courir / après soi en dedans », chante le héraut sur La Vie en Grand, un des trois morceaux enrichis par la guitare virtuose de Rudy Roberts ; une chanson assez classique plutôt qu’un Blues pur et dur, ce qui préserve l’opus du monochrome et du monolithique. Même si c’est quand même le Blues, acoustique (superbe Riverside Blues) ou électrique, qui en forme la solide trame. Pas besoin de se forcer beaucoup pour céder à cette vois rauque, à ce phrasé et à ces mots qui, pêle-mêle, revoient à Tom Waits, Mano Solo, Bill Deraime, Léo Ferré, Richard Desjardins. Chapeau aussi pour la façon dont Grigri Blue rend hommage aux Indiens et à leur histoire dramatiquement chahutée. Encore un petit effort pour élaguer dans les textes et resserrer quelques boulons…

     
      Jean Théphaine "Signe des temps" - PLACE PUBLIQUE- Nov / Déc 2007    
     

Il y a parfois des disques qui, comme ce « Loup pour l’autre », arrivent au milieu des autres, dans une pochette presque quelconque si l’on n’y prête pas attention, et brusquement c’est la baffe, la grande claque. Respectueux des traditions, on tend l’autre joue, histoire de bien se rendre compte que l’on n’a pas bondi parce que les autres CD du moment sont vraiment trop moyens. Que non, que non, car ce Loup est indéniablement un Loup pour les autres, un loup de race, au pedigree presque maigrelet pour cause de discrétion du bonhomme, mais que ce Loup là est bon, très bon. Le monde prospère, premier titre en acoustique et bourré de Delta feeling, vous fait vibrer d’entrée ; la voix est chaude, comme passée à la râpe, expressive à l’extrême. Dès le second titre, La vie en grand, et son intro à la guitare électrique, vous comprenez que ce Loup là est féroce, et que ses crocs sont ses mots et ses grattes. Que ce soit en anglais ou en français, Grigri Blue assure, signant 15 titres bourrés la gueule de mots tendres, de cris d’amour ou de colère, comme dans ce Loup pour l’autre qui débute par des paroles signées G.W. Bush. Façon Dylan ou Joan Baez, Grigri se fait porte-voix des opprimés, des laissés pour compte, des trahis ou des décimés, comme dans ce superbe Leavenworth Blues dédié aux indiens d’amérique. Riverside Blues vous retournera les tripes et Iwanyaka vous fera dresser les poils, en moins de 2 minutes 45 ; incontestablement un grand, un très grand album de Blues, signé par un grand, un très grand Loup solitaire, que je verrais bien en chef de meute d’un certains Blues français. Respect, Monsieur.

     
      Frankie Bluesy Pfeiffer - BLUES MAGAZINE - Juin 2006    
     

Imaginez une jungle urbaine faite de montagnes en béton, d’arbres aux branches de métal, de plaines de bitume ornées d’usines en jachères dont les murs sont couverts de mousses et de végétations graphiques et graphées. Cette nouvelle nature industrielle est le territoire de Grigri Blue. Ce bluesman, à travers de ce deuxième album, réussit subtillement à nous convaincre d’accepter la part animale qui est en nous, source de conflits mondiaux, de guerres, d’injustices et d’inégalités. L’homme, un singe qui chasse comme un loup, un loup pour l’autre. La pochette résume très bien ce message et la voix(e) profonde et intemporelle de Grigri invite l’auditeur à un voyage musical métissé, empruntant divers chemins et rivières menant vers nos racines, et tourné aussi vers l’avenir. Un blues roots et moderne influencé par la ville et  cette jungle qui nous entoure. à écouter impérativement !!

     
      Romain Fustenberg - TOHU BOHU - Mars 2006    
     

Artiste Franco-Ligérien, Grigri Blue est un de ces personnages à la voix tellement éraillée qu’elle semble naturellement faite pour chanter le blues … En solo, en duo, en trio ou en quartet, Olivier Le Ray porte donc son art sur les scènes depuis 1999 et suit les rives de son Mississippi à lui pour partager avec son public le blues du delta de la Loire. Une démo en 2000 et un premier album en 2003 auront vite fait de le faire remarquer par le public et les organisateurs de festivals et c’est tout naturellement que Grigri Blue passera par Jazz à Vannes ou par les Rendez-vous de l’Erdre avant de revenir dans les bacs avec un nouvel opus très coloré où il invite ses influences les plus diverses à le rejoindre au détour d’un titre folk ou d’un autre plus roots … Grosses sensations en perspective !
Essentiellement enregistré en configuration guitare plus chant, « Loup pour l’autre » laisse beaucoup d’espace au versant sensuel d’un artiste qui ne mâche pas ses mots et qui revendique ses engagements comme d’autres arborent une cocarde. Guitariste vertueux et travailleur, Olivier Le Ray n’hésite pourtant pas à faire appel à ses pairs, les Philippe Ménard, Rudy Roberts ou Jean-Mi Leduc et convie à l’occasion un harmonica, un bodran, un dobro, un washboard ou un washtub à venir donner un petit cachet vintage à ses morceaux les plus aboutis. Rappelant autant Dylan ou Johnson que Ferré ou Brassens, Grigri Blues décloisonne le blues et le sort des sentiers battus pour lui faire prendre des chemins de traverse souvent inspirés, parfois inattendus. On salue la précision des musiques et le grain râpeux de la voix qui savent parfaitement mettre en avant l’audace d’un « G8 Blues » ou d’un « Loup pour l’autre », l’ingéniosité d’un « La vie en grand » ou d’un « Long Lonesome Road Blues », la finesse d’un « Ywanyaka » ou d’un « Leo’s Ballad » et les excès de superposition en tout genre d’un « Quel blues m’a piqué ? ». Parvenu à trouver un juste milieu entre ses passions et ses aspirations, Grigri Blue nous livre un album qui lui ressemble, à la fois fort, généreux et sincère. A consommer sans modération !

     
      Fred Delforge - ZICAZIC.COM - Mars 2006    
     
Après un premier CD de 5 titres, Ligérie, déjà fort convainquant, Grigri Blue sort l'album "longue durée" (c'est le cas de le dire : presque une heure un quart ! Généreux, le bonhomme !). Situées au carrefour d'influences diverses, du rock mélodique à la chanson française dite "à texte" au blues le plus pur, les racines de Grigri Blue s'enfoncent profondément dans le terreau fertile de l'inspiration vraie, celui qui fait les artistes au sens noble du terme, qui créent dans l'urgence, pour lesquels l'expression artistique est vitale.
Sa voix grave et éraillée ne fait qu'ajouter à ce sentiment de nécessité absolue qui surgit de ses CD à peine se mettent-ils à tourner. Comme une gifle au beau milieu de la routine du quotidien. C'est ça Grigri Blue : un réveil en sursaut, un éveil à la réalité, aux réalités pas toujours très gaies d'un monde qui laisse ce moderne trouvère tantôt révolté, tantôt désabusé, jamais soumis. Parfois la porte s'entrouvre sur le rêve, le surnaturel, le fantastique, et c'est le diable lui-même qui en profite pour venir vous balancer son blues en pleine poire, entre une mouche, Big Brother, le peuple sioux et l'émerveillement de l'auditeur qui croyait le temps des poètes révolu.
Non content d'être un chanteur possédé, Grigri Blue joue de sa guitare acoustique avec une dextérité certaine, parfois seul, parfois entouré d'autres instrumentistes, comme par exemple Philippe Ménard sur un titre. Alors bien sûr, bien que le vrai blues ne soit pas oublié, on est souvent loin des fameuses 12 mesures. Mais les mélomanes ne s'arrêteront pas à ces détails. La musique est belle, les textes profonds, sincères, la voix superbe, et à moins d'être doté d'un cœur de pierre, on ne saurait rester indifférent à Loup pour l'autre.
     
      René Malines - VIRUS DE BLUES N°6 - Février 2006    
             
      PRESSE " LIGERIE "    
     

Cigarillo au coin des lèvres, Grigri Blue est assis, seul, dans une pièce du centre socioculturel où il travaille. Il s'est retiré dans cet endroit calme pour une discussion intime sur son travail d'artiste. Barbe généreuse et élégante, longs cheveux de jais soigneusement attachés, Grigri Blue parle avec la même voix que lorsqu'il chante. Grave et sincère. Il dégage une vibration de liberté et de créativité, une maturité toute humble acquise par une culture ouvrière du travail. Et dorénavant, il entend les bourdonnements élogieux de la critique. Pour un nouveau venu qui n'a sorti qu'un premier album ("Ligérie"), Grigri Blue est un nom qui se répand comme une bonne nouvelle. Sa musique pourrait être qualifiée de Blues du delta de la Loire, mais Grigri Blue a l'imaginaire voyageur. Des musiciens prestigieux comme le jazzman Jean "Popof" Chevalier, ou le guitariste Rudy Roberts, sont venus jouer sur ce premier album original qui annonce déjà le musicien hors norme. " C'est une chance énorme ", déclare-t-il. " Par le biais de tremplins musicaux, Jean-Michel Leduc m'a repéré et m'a permis d'enregistrer dans son studio. Là, j'ai pu laisser libre cours aux rencontres musicales ."
Jusqu'ici, l'histoire de Grigri Blue a été une odyssée réalisée en groupe (Magikall Roots, Blue's Band). En 2002, commence l'aventure solo. Processus qui lui permis d'exprimer "son" Blues, de préférence en français. " En ce moment je dis à mes amis que c'est pas moi qui a choisi le Blues mais que c'est lui qui m'a choisi ", confie-t-il. Des figures essentielles du Blues sont év*oqués : Robert Johnson, Charley Patton, Dr Patton, Ali Farka Touré, John Trudell. Ce dernier est souvent présent sur la platine disque de Grigri Blue. Pourquoi ? John Trudell est un Bluesman indien engagé à la cause identitaire de son peuple aux Etats-Unis. Avec sa sensibilité propre, Grigri Blue s'essaye également au chant en Lakota (dialecte des indiens du Dakota). A force de provoquer la magie, la réalité prend forme. Un projet d'échange avec les indiens du Dakota est en cours. Grigri Blue est un homme qui cultive sa liberté pour la rétribuer à ceux qui n'en ont pas autant. Comme un Haïku, il confie : " La chance n'est pas à l'extérieur de notre vie, mais à l'intérieur. Il faut la provoquer tous les jours ." Sa musique porte des accents Flamencos, utilise astucieusement le violon et les percussions. "Ligérie" donne a entendre des influences universelles et populaires en évitant les écueils du cliché "musique world". Rousseau dans son autobiographie (Les Confessions), disait " Quand je parle de moi, je parle de vous ." dit-il avant d'ajouter : " les valeurs humanistes et universalistes que véhicule sa pensée sont un dénominateur commun entre la relation qui s'établit entre mes textes et le public. Chacun peut s'y reconnaître ." D'où l'importance à composer des textes en français.
Plutôt que de pasticher les standards traditionnels américains, pour Grigri Blue, utiliser la langue de Molière est un gage d'authenticité du message. Le Blues en français permet de s'affranchir de clichés et de toucher plus simplement le public. Il souligne : " C'est un parti pris. Cela permet que mes textes soient compris et partagés au moment où je les chante. Les gens peuvent être emmenés dans l'histoire ." La musique, oeuvre d'un vagabond des genres, s'étire du Folk-Blues (Les gens disent) aux mélopées narratives métissées (Les bouts d'ailes, Like birds do), du Blues traditionnel (Fugitif Blues) aux incantations chamanistes (Bête noire Blues). C'est le reflet de la vaste gamme de style de musique qui ont influencé Grigri Blue quand il a grandi sur les bords de la Loire. Synthèse miraculeuse qui a la fraîcheur d'une eau vive et la saveur corsée d'un alcool longuement décanté. Il n'est pas élitiste quand il fixe les critères d'une bonne musique. Au contraire, il se fie plutôt à l'intuition. Grigri Blue défend les couleurs d'un art populaire érudit et joueur, qui serait instruit avant tout par la grande liberté de goût et de mouvement de ses créateurs. Ce sens de la perspective et cette hauteur de vue justifie la réussite artistique de "Ligérie". La discussion arrive déjà à son terme. Il se lève, il est presque temps pour lui de préparer un atelier musical avec des musiciens amateurs du quartier. A force de partage, Grigri Blue essaime en toute humilité l'esprit du Blues , à qui veut bien l'entendre.

     
      L'Echo de L'Ouest - Janvier 2004    
     

Un digne artiste, toujours il porte un peu le monde sur son dos ; toujours il a son univers, mais qui est sans frontières ; toujours, quand il se pose, il t'ouvre des territoires où toi aussi tu crées. J'ai croisé Grigri Blue. Il m'a chanté la Ligérie, nation de ses ancêtres, et je me suis laissé aller à en remonter le fleuve imprévisible, entre marécages et bayous, embellies et orages, jusqu'à sa source métissée.
Chateaubriand comme Rimbaud auraient goûté ce voyage. Le guide parle français, mais sait d'autres dialectes. Sa langue ne fourche pas, et ses mots résonnent d'évidences, de nues vérités qu'ailleurs on voile où qu'on étouffe par trop de civilités (Les gens disent).
Sa voix ou sa guitare, tantôt feulement tantôt stridence et parfois borborygmes, paradoxalement t'apaise... ' like a bird do ' sous les ciels inquiets, ou comme font ces chants lakotas, de détresse ou d'espoir, avant le mélange des sangs. Sang-mêlé, Grigri Blue. Sang bleu de sa dignité d'artiste, sang rouge d'humanité, venin de quelque ' Bête noire ' et verte tempérance des rives de Ligérie. Je l'ai croisé là-bas. ' Fugitif ' ainsi que le bonheur, il a repris sa pirogue, remballé ses fleurs séchées, ses mèches vaudous, ses ' bouts d'ailes ', mais m'a fait don d'un talisman : son disque.

     
      Trois Rivières Blues - Mai 2003